
Lycée Hoche à Saint-Cloud.
Lycées Condorcet et Henri IV.
Faculté des Lettres de Paris.
Docteur d’État ès lettres, le 9 avril 1962 à la Sorbonne.
1957-1979 : Directeur d’études de Géographie arctique, VIe section de l'EPHE (puis à l'EHESS).
1957 : Fondation du Centre d'Etudes Arctiques (qui migrera hors de l'EPHE lors de la création de l'EHESS).
1948-1957 : Attaché puis Chargé de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
1957-2007 : Directeur-fondateur du Centre d’études arctiques au CNRS et à l’EHESS à Paris.
1979-1992 : Directeur de recherche au CNRS.
Depuis 1992 : Directeur de recherche émérite.
Depuis 1992 : Président du Fonds polaire Jean Malaurie du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
1992-1994 : Président du Centre de formation des cadres autochtones du nord de la Sibérie et de l’Extrême-Orient, du Cercle polaire à Saint-Pétersbourg (Russie).
1990 : Président du Comité de défense des peuples arctiques de la Russie au Fonds de la culture à Moscou (Russie).
1991 : Doyen d’honneur de la faculté des peuples du Nord de l’université d’État Herzen à Saint-Pétersbourg (Russie).
1994 : Président fondateur, puis Président d’honneur de l’Académie polaire à Saint-Pétersbourg devenue, en 1997, Académie polaire d’État.
2007 : Ambassadeur de bonne volonté pour l’Arctique (nature et culture) à l’Unesco.
Depuis 2011, Président de l’institut arctique Jean Malaurie à Saint-Pétersbourg.
Depuis 2017, Président d'honneur de l'Université Hydro-Météorologique d'Etat de Russie.
Depuis 1955 : Directeur-fondateur de la collection Terre Humaine aux éditions Plon.
Depuis 1963 : Directeur-fondateur de la revue Inter-Nord au CNRS-EHESS.
La carrière de Jean Malaurie a été consacrée à des études de géomorphologie polaire (météorisation, structures dynamiques d’éboulis), d’anthropogéographie arctique dans un esprit animiste et à l’étude du développement des populations inuit et nord-sibériennes. Le travail de recherche de Jean Malaurie commence en 1948 et 1949, à la suite de sa nomination, par son maître Emmanuel de Martonne (Académie des sciences), en tant que géographe physicien aux deux expéditions de Paul-Émile Victor sur la côte centre-ouest du Groenland (inlandsis et secteur déglacé). Fin 1949, Jean Malaurie démissionne, l’Académie des sciences ayant décidé, par cohérence avec le programme antarctique, de supprimer toute étude des sociétés humaines au Groenland. L’hiver 1948-1949 et l’hiver 1949-1950, il effectue une mission solitaire CNRS dans le Hoggar à 2800 mètres d’altitude pour étudier la desquamation des roches et la géomorphogénie des éboulis dans un climat désertique aux données thermiques inverses du nord du Groenland. En 1950-1951, le directeur du CNRS charge Jean Malaurie d’une mission solitaire de géomorphologie et de géographie humaine à Thulé, dans le nord du Groenland. Le 29 mai 1951, au cours d’une mission de reconnaissance géomorphologique sur l’inlandsis, il est le premier homme à atteindre, en deux traîneaux à chiens, le pôle géomagnétique en compagnie de Kutsikitoq, son fidèle compagnon inuit. "L'homme qui parle aux pierres", comme le désignent les Inuits, apprend petit à petit à écouter les réponses des roches, de la végétation, appuyant ses réflexions de géomorphologue naturaliste sur les relations qu'entretiennent les Inuits avec leur territoire, relations de parenté et de courtoisie vis-à-vis du monde animal, minéral, végétal, au cœur même de la pensée chamanique. Le 9 avril 1962, il défend à la Sorbonne une thèse principale de géomorphologie climatique et quantitative, et une seconde thèse dite complémentaire d’anthropogéographie démographique et d’étude animiste. Jusqu’en 1990, Jean Malaurie a assuré trente et une missions arctiques : Groenland, Arctique canadien, Alaska et Tchoukotka. En 1990, il est directeur scientifique de la première expédition franco-soviétique en Tchoukotka qui permettra d'étudier l’Allée des baleines, préalablement découverte par des archéologues soviétiques en 1976 et qui sera reconnue, après les travaux de Jean Malaurie sur l’esprit Yi-King de la répartition numérique des crânes de la baleine sur le littoral, comme un haut lieu chamanique, une "Delphes de l'Arctique"
- Hoggar, Touareg, Journal d’une exploration géographique, Paris, Nathan, 1954.
- Les Derniers Rois de Thulé, avec les Esquimaux polaires, face à leur destin, Paris, Plon, 1955, coll. "Terre humaine"; 5e édition définitive, Paris, Plon, 1989. Éd. poche, Paris, Pocket, 2001. Ouvrage traduit en 23 langues (1 million d'exemplaires).
- Thèmes de recherche géomorphologique dans le nord-ouest du Groenland, 497 p., 79 photos, 161 fig., thèse soutenue en 1962, 'Mémoires et documents', n° hors série, Paris, CNRS Éditions, 1968; 2e éd., Paris, CNRS Éditions, 2011, Grand Nord Grand Large).
- Hummocks I et II, Paris, Plon, 1999, coll. "Terre humaine". Hummocks, édition revue et augmentée, 4 volumes, Paris, Plon/Pocket, 2003, 2005), (traduit en russe).
- Hummocks, Journeys and inquiries among the Canadian Inuit, traduction en anglais de Hummocks (Canada), préface nouvelle de Jean Malaurie, postface de Bruce Jackson, Montréal, MacGill University Press, 2007.
- Ultima Thulé, 2e édition, Paris, Le Chêne, 2000. Éd. poche, Paris, Pocket, 2001 (traduit en anglais (Royaume-Uni et États-Unis), allemand et danois).
- L’Appel du Nord, Paris, La Martinière, 2001 (traduit en anglais (États-Unis) et allemand).
- L’Allée des baleines, Paris, Fayard, coll. "Mille et une nuits", 2003, réédition augmentée, 2008. (traduit en russe)
- Alleia Kitov, traduction en russe de L’Allée des baleines, préface de Serguei Arutiunov, Moscou, Nota Bene, 2007.
- Ot kamnia k tcheloveku (De la pierre à l’homme), préface d'Azourguet Tarbaievna Shaoukenbaieva, Saint-Petersbourg, Éd. Académie polaire d’État à Saint-Petersbourg, 2003.
- Terre Humaine : cinquante ans d'une collection, entretien de Mauricette Berne et Pierrette Crouzet avec Jean Malaurie, Paris, Bibliothèque Nationale de France, 2005, 135 p.
- Terre Mère, Paris, CNRS Éditions, 2008. (traduit en russe et en italien)
- Arctica, Œuvres 1948-2010. Tome 1 : Écosystème arctique en haute latitude. CNRS editions, 2016.
- Lettre à un Inuit de 2022, Paris, Fayard, octobre 2015. (traduit en américain)
- Ultima Thulé, 3e édition, Paris, Le Chêne, 2016.
- Arctica II. Tchoukotka (1640-1990-2010). De l’autonomisation léniniste-stalinienne à la Pérestroïka du président Mikhaïl Gorbatchev (à paraître).
Personnalité polaire majeure, Jean Malaurie est avant tout un scientifique, géomorphologue et géocryologue de formation. Il est à l’origine du Centre d’études arctiques [CNRS-EHESS], érigeant en combat précurseur l’interdisciplinarité entre sciences humaines et sciences naturelles, une éco-ethnologie. Ambassadeur de bonne volonté pour l’Arctique à l’Unesco, il est aussi le père fondateur d’une anthropologie réflexive au sein de la collection « Terre Humaine ». En naturaliste, loin des structures et des modèles, il déploie une pratique novatrice de l’anthropogéographie, solitaire et immergée. Défenseur des minorités boréales, il fonde l’Académie polaire d’État à Saint-Pétersbourg, unique école des cadres pour les jeunes élites autochtones nord-sibériennes dont il est le président d’honneur à vie. La médaille russe de l’Ordre de l’Amitié lui a été décernée le 14 mai 2014 par le président Vladimir Poutine.
Sylvie Devers (coordinatrice) - Pour Jean Malaurie. 102 témoignages en hommage à quarante ans d’études arctiques, Paris : Plon, 1990, 944 p.
Giulia Bogliolo Bruna, Jean Malaurie, une énergie créatrice, coll. « Lire et comprendre », Editions Armand Colin, Paris, octobre 2012.
Giulia Bogliolo Bruna (dir.), « Alla ricerca della quadratura del Circolo Polare. Testimonianze e studi in onore di Jean Malaurie », Il Polo (numero speciale), vol. 25-26, Istituto Geografico Polare, Fermo, 1999.
Jan Borm, Jean Malaurie, un homme singulier, Éditions du Chêne, 2005.
Michel Le Bris, Dictionnaire amoureux des Explorateurs, Éditions Plon, Paris, 2010.
Pierre Aurégan, Des Récits et des hommes : Terre humaine : un autre regard sur les sciences de l’homme, Pocket, « coll. Agora », Paris, 2004.
Pierre Aurégan, Jean Malaurie, une introduction, Pocket, « coll. Agora », Paris, 2014.
"L'homme qui parle avec les pierres", reportage de France 2 (2015, 72')